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Dans la presse


Représentations au Musée Dapper à Paris 
(1 au 22 avril 2007): 

"Quand le fait divers prend la force du mythe
Par Sylvie Chalaye (Africultures 25 avril 07)

Ils avaient 14 et 15 ans Yagine Koita et Fodé Tounkara, les deux adolescents qu’on

retrouva morts de froid, le 2 août 1999 dans le train d’atterrissage d’un avion de la Sabena en provenance de Conakry et qui venait d’atterrir à Bruxelles. Ce qui n’aurait pu être qu’un banal fait divers tragique, prit une autre dimension, car les jeunes Guinéens avaient écrit une lettre, qu’on retrouva sur eux, à l’intention de ceux qu’ils appellent « les responsables d’Europe » afin de leur faire part de leur motivation et d’en appeler à la solidarité. Soudain par cette lettre ouverte lancée terriblement comme une bouteille à la mer, bouteille dérisoire et tragique de deux enfants sentant la mort venir, c’est toute la détresse du continent africain qui trouvait là son allégorie la plus poignante. Les jeunes lycéens sortaient de l’anonymat, l’opinion publique entendait leurs mots, leurs rêves, leurs souffrances ; l’opinion publique toute entière partageait leurs espoirs. Le fait divers entrait dans l’espace du mythe.

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Dans le blog de Kangni Alem : 

15 mars 2006 : A l’occasion du dernier Festival de Théâtre du Bénin (FITHEB), une de mes pièces a donné lieu à une polémique à laquelle j’étais loin de m’attendre. En effet, suite à la présentation d’ATTERRISSAGE, plusieurs débats avaient été organisés autour du spectacle dans des lycées et collèges du Bénin. C’est l’impact inattendu de ces rencontres sur la presse, tel que l’illustre un article paru dans La Gazette du Fitheb, n°001 du 14 Février 2006, que je veux commenter ici...

Lire la suite dans le blog de Kangni Alem

Enjeux Internationaux (Françoise Nice)

"."Cotonou, nuit du 10 au 11 février 2006, 2 heures du matin. L'avion se pose en douceur. Une heure plus tôt, à l'escale à Lomé, il s'est délesté d'une trentaine de jeunes gens, silencieux et impeccables sous leur casquette neuve. Un groupe de sportifs ? Des lycéens en voyage scolaire ? "Non, des clandestins rapatriés volontaires", explique une des hôtesses dans un sourire d'amande.

La réalité et la création se télescopent.

Pour ouvrir le FITHEB (Festival International de Théâtre du Bénin), son directeur, Orden Alladatin, avait choisi ATTERRISSAGE. Un spectacle venu de Belgique, écris par le togolais Kangni Alem, mis en scène par le congolais Denis Mpunga et interprété par les Africains de la diaspora. Un spectacle joué plus de 100 fois, notamment en France, Belgique, Angleterre et en Suisse, et dont le propos douloureux est chaque jour plus actuel: le désir d'Europe et l'échec, au bout de la route, pour la plupart des migrants. Un peu de stress, un peu de trac, beaucoup d'émotion pour les quatre comédiens, l'Ivoirienne Yves Marina Gnahoua (Ma Carnélia), les Sénégalais Younouss Diallo (Yaguine) et Ken Ndiaye (Fodé) et le Congolais Dieudonné Kabongo (le passeur).

Au lycée de Porto-Novo où ils jouent, les adolescents, à la différence des écoliers d'Europe, se sont identifiés à Yaguine et Fodé, ces deux Guinéens dont les cadavres ont été retrouvés, le 2 août 1999, dans le train d'atterrissage d'un avion de la de la Sabena. Sur leurs corps se trouvait un appel aux dirigeants européens, un message aussi déchirant qu'argumenté. Dans sa pièce qui associe la comédie (jusqu'au burlesque) et le tragique sous la forme d'un cauchemar, Kangni Alem réinvente l'odyssée des deux jeunes. Il imagine qu'ils ont pu être victimes d'un passeur. La pièce évite le pathos. Par sa mise en scène trés soignée, Denis Mpunga suscite des réflexes de sympathie pour Yaguine et Fodé et leur mère adoptive, Ma Carnélia. Le personnage cynique du passeur provoque l'indignation "C'est pas bien ce qu'il a fait...", murmure, très ému, un jeune garçon de la rue. C'est la première fois de sa vie qu'il assiste à une pièce de théâtre.

Au Lycée Toffa 1er de Porto-Novo et ensuite dans un centre d'hébergement pour jeunes en détresse de la Croix-Rouge, les conclusions sont presque toujours les mêmes: mieux vaut rester chez nous, tenter de construire notre pays, plutôt que de risquer notre vie pour aller en Europe à tout prix. Les échanges débouchent inévitablement sur la question du développement. Et sur l'interpellation des comédiens expatriés en Europe: "Vous nous dites qu'il ne faut pas y aller, mais vous, pourquoi ne revenez-vous pas en Afrique ? On a besoin de vous ici".

  • Françoise Nice dans Enjeux Internationaux / Cotonou (n° 10 Avril 2006)
Satellite (Jacques Thomas)

"...Entre eux et l'Europe, un passeur qui les toise, les manipule de toute sa hauteur. Arbitre d'un monde imaginaire, il les arnaquera jusqu'au dernier centime, jusqu'à prendre même la musique de leur âme...

...Et leur vieille mère, comme la vieille mère du monde, veille, pleure et bénit. Elle sait combien il est difficile pour eux de tricoter ici le fil de leur vie... "

Le Ligueur (Sarah Colasse)

"...La lenteur d'une tension qui monte inexorablement. Un spectacle dont l'empreinte s'ancre sensiblement dans l'esprit"  

  • Le Ligueur 14 septembre 2004.
La Montagne Magique (Jeanne Pigeon) :

"...Drame de l'ailleurs inaccessible avec les ramifications d'une misère poudreuse à l'arrogance blindée d'un occident repu. Auteur, metteur en scène, comédiens, tous noirs, nous livrent une image bouleversante, poignante de l'Afrique.

Avec réalisme, sincérité, sans complaisance, du pur théâtre. L'humour est grinçant. Le coeur immense. L'âme aussi. Et la pudeur tout autant".  

  • La revue de "La Montagne magique" septembre 2004
  La Libre (Laurence Bertels)

Denis Mpunga a opté pour une mise en scène d'une grande sobriété. (...) Ponctué de chants traditionnels africains, le magnifique texte de Kangni Alem a l'intelligence de nous plonger en amont des informations relatées par la presse et l'ont ressort touché en plein coeur par ce spectacle juste de bout en bout.

Le Soir (Laurent Ancion) :

Le spectacle « Atterrissage », du Théâtre Musical Possible, a bénéficié du prix du ministre de l’Enseignement secondaire, d’une valeur de 2500 euros.

Un remarquable spectacle dont on trouvera le compte rendu dans le dossier de notre supplément « MAD » de ce jour consacrées à l’ensemble des créations présentées à Huy.

...

"Atterrissage" : un regard dégrisé sur la souffrance de l'Afrique, joué par un remarquable quatuor... Le Théâtre Musical Possible et ses quatre formidables comédiens laissent aussi la place au rire: ce truchement permet de prendre de la distance. On s'émeut et on réfléchit aux mécanismes qui mènent l'homme à l'inacceptable.

Sans décor ou presque, la mise en scène poétique de Denis Mpunga concentre l'attention et touche au coeur.
  • Le Soir (MAD) 1er septembre 2004