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Le lundi 2 août 1999, un
avion de la Sabena en provenance de Conakry, atterrit à
Bruxelles. Deux adolescents de nationalité guinéenne sont
retrouvés morts dans le train d'atterrissage de l'avion. Ils
s'appelaient Yaguine Koïta et Fodé Tounkara.
Yaguine avait quinze ans, Fodé
quatorze. Yaguine était le véritable inspirateur de cette entreprise, dont il n'ignorait
pas les risques. Il était l'enfant de parents séparés. Sa mère
était en France, son père en Guinée, sans grands moyens
d'existence.
La mère du jeune Fodé se
rendait tous les matins sur un marché de Conakry pour y vendre
des
feuilles de patates douces.
Sa recette dépassait rarement 10 francs CFA quand elle les
atteignait. A la maison il y avait des bouches à nourrir.
Le père de Yaguine n'était
pas mieux pourvu. Il avait bien compris les rêves d'Europe de son
enfant et ne désespérait pas de pouvoir lui payer un jour le
voyage. Pour l'heure, il ne pouvait au mieux que lui payer
le ticket de bus qui lui permettait de retrouver à quinze kilomètres
de là sa grand-mère. Cela coûtait 1 francs 50, ce fut tout ce
que put lui donner
Le 28 juillet, en bon
musulman qu'il était, Yaguine fit sa prière du matin avant de
partir. Quand son père, inquiet de ne pas le voir revenir,
fouillera ses affaires, il trouvera une lettre lui annonçant son
départ vers les lointains à bord d'un bateau américain.
Renseignements pris, il n'y
avait en ces jours-là aucun bateau de ce genre à l'ancre dans le
port de Conakry. C'est par la radio que ce père et les parents de
Fodé apprendront les dénouements de Bruxelles dans les termes
tragiques que l'on sait.
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